Le rôle des hormones et des gènes dans la différentiation sexuel est largement accepté dans les pays anglo-saxons (peut être pour se faire pardonner l'horrible injure castratrice faite à Alan Turing un des plus grands génies de son temps, inventeur de l'ordinateur, de l'algorithme et héros de la deuxième guerre mondiale.
Les trois raisons pour lesquelles on ne croit pas en France aux différences intellectuelles entre homme et femmes : celui qui défend cette thèse passe pour un eugéniste nazi, problème égalité vu hiérarchiquement : la femme est en dessous de l'homme et problème de libre arbitre.
C'est bien normal. Les femmes dans cette société patriarcal ont tellement été ostracisées, humiliées, rabaissées, violées, battues, agressées, frottées dans les métros, soumises. Elles ont dû se battre pour voter, pour être indépendante, pour leur droits, pour l'avortement, etc, etc...
Hormone, génétique, épigénétique
L'espèce humaine a évolué à partir des mammifères et des primates. Il serait impensable que les phénomènes (hormonal et génétique) identifiés chez les rongeurs et les primates aient complètement disparus chez l'homme. Le comportement sexuel représente une caractéristique tellement importante pour la survie de l'espèce qu'il semble improbable que l'évolution et la sélection naturelle aient pu laisser échapper son contrôle par des mécanismes biologiques fortement déterministes au profit de mécanismes strictement culturels et environnementaux beaucoup plus labiles.
Les instituts de santé imposent désormais que toute demande de crédits de recherche considère impérativement les différences sexuelles affectant le ou les processus étudiés.
Le sexe à deux est intéressant car il brasse les gènes. La recombinaison des patrimoines génétiques lors de la reproduction sexuée permet à l'espèce de mieux réagir aux changements de l'environnement.
Deuxième avantage, avoir deux jeux de chromosomes permet une plus grande résistance des individus aux mutations et aux effets funestes qu'elles entraînent.
Troisième avantage, le sexe crée le choix. Le mâle le plus résistant se reproduit le plus en transmettant de meilleurs gènes. C'est la sélection sexuel.
Chez les primates plus les testicules sont grosses par rapport au poids de l'animal plus il est polygame. Les chimpanzés sont très polygames alors que les grands singes (gorille et Oran Outang) sont très monogames. L'homme a une position intermédiaire!
Le dimorphisme homme femme entraîne t-il des différences de comportements.
Dans la nature, plus on est polygame, plus on est dimorphique.
Il semblerait que les femelles sont plus sélectives que les mâles.
On peut donc imaginer que, chez les premiers hominidés, les femelles se soient concentrées sur des tâches plus statiques (cueillette, entretien du foyer), quand les hommes se consacraient à la chasse ou à l’exploration.
Comme on le sait et le regrette, les hommes ont longtemps considéré que les femmes leur étaient très inférieures, au point de les priver d’âme ou, pour parler en termes plus modernes, d’intelligence. C’est ainsi que saint Augustin a pu écrire : « L’ordre naturel veut […] que dans la société les femmes obéissent aux maris, et les enfants aux parents : il est juste, en effet, que la raison la plus faible se soumette à la raison la plus forte.
Au cours d’une expérience, Nottebohm a injecté chez des canaris femelles de la testostérone : une hormone stéroïde essentiellement sécrétée par les gonades, et tout particulièrement par les testicules (les ovaires en produisent, mais en quantité bien inférieure), au point qu’on la retrouve en des concentrations nettement plus élevées dans le flux sanguin des mâles que dans celui des femelles. Divine surprise : ces canaris femelles, traitées tels des haltérophiles aux anabolisants, se sont mises à chanter.
Les miracles de l'imagerie médicales. Aujourd'hui on arrive à voir des différences dans des régions spécifiques entre des hommes et des femmes, des hétéro et des homo.
Les cerveaux féminins privilégieraient en effet les connexions bilatérales entre les deux hémisphères du cerveau, quand les cerveaux masculins présenteraient plus volontiers des connexions antéropostérieures – d’avant en arrière dans le même hémisphère.
Taille d'effet.
Les hommes sont en moyenne plus agressifs que les femmes33, mais de peu, et le recouvrement est très important (taille d’effet : de 0,3 à 0,5 selon la mesure envisagée). Pourtant, l’écrasante majorité des détenus des prisons sont des hommes, et ce dans le monde entier (ce qui exclut presque totalement les interprétations culturelles). Les statistiques pour les 216 pays du monde montrent un maximum de 21 % de femmes parmi les populations de prisonniers, et encore s’agit-il là d’exceptions. On tombe en dessous de 10 % si on exclut simplement les 17 premiers pays du classement. Supposez qu’un comportement criminel ne puisse se déclencher qu’au-delà d’un certain seuil d’agressivité, et que ce seuil soit bien au-delà de la moyenne des hommes comme des femmes. Il y aura alors bien plus d’hommes qui le dépasseront, puisque le recouvrement, très important autour des valeurs moyennes, se dissipe à mesure que l’on s’approche des extrêmes, car les courbes se séparent de plus en plus du fait de leur petit décalage initial. Cela expliquerait la présence presque exclusive des hommes dans les prisons, lieux qui n’accueillent en principe que des individus ayant manifesté des comportements largement hors norme, placés aux extrêmes des courbes. De la même manière, s’il est concevable de trouver une femme mesurant un mètre quatre-vingt-dix, il devient presque impossible d’en croiser une qui mesurerait près de deux mètres. Au-delà d’une certaine valeur, il n’y a plus que des hommes ou presque. Et c’est ainsi, par le biais d’effets de seuil en quelque sorte, que l’on pourrait bien mettre à jour de petites différences avec un recouvrement important, dont les conséquences sociales seraient très importantes aux extrêmes (comme dans le cas de l’agressivité et du taux d’incarcération), malgré la faible taille d’effet.
La première d’entre elles, la plus incontestable, est que la prévalence des maladies du système nerveux est extrêmement différenciée selon les sexes. Ainsi, le syndrome d’Asperger atteint huit à neuf hommes pour une ou deux femmes ; le syndrome de Gilles de La Tourette, neuf hommes pour une femme. Inversement, la dépression touche deux à trois femmes pour un homme, et ses épisodes sont également différemment répartis dans la vie adulte selon les sexes.
Un bébé fille est plus attentif et regarde plus longtemps un visage. Un bébé garçon fait plus attention aux objets qui bougent.
Dans le même ordre d’idées, si on demande à des enfants de cinq ou six ans de dessiner quelque chose au hasard, les garçons choisiront en majorité de représenter des objets mobiles (camions, voitures, locomotives), quand les filles privilégieront des personnages, des fleurs et des papillons.
Cette différence est colossale : on trouve des objets mobiles dans 92 % des dessins de garçons, mais seulement dans 5 % des dessins de filles. En revanche, 97 % des dessins de filles contiennent des personnages, contre 26 % seulement chez les garçons.
De nos jours, l’éventail complet de ces tests cognitifs mesurant représentations spatiales, aptitudes verbales et autres a pu être réalisé en proposant aux sujets de se soumettre en même temps à des RMN fonctionnelles. Celles-ci ont permis de détecter les zones du cerveau que ces tests activaient. De manière surprenante, il s’est avéré que les femmes et les hommes n’utilisaient pas les mêmes zones pour les mêmes tests. Autrement dit, hommes et femmes emploieraient des stratégies différentes pour résoudre des problèmes identiques. On constate également dans les faits que, pour décrire un trajet, un homme préférera employer des repères « absolus » (distances, points cardinaux), quand une femme privilégiera des repères plus précis, des détails de l’environnement. C’est ainsi qu’un homme pourrait plus facilement vous dire que la pharmacie est à la troisième à droite, dans une centaine de mètres, alors qu’une femme aura plus de chance de vous indiquer qu’il vous faudra prendre la rue du fleuriste, après la poste.
Un chimpanzé mâle va jouer plus avec des jouets de garçons et les femelles avec des jouets de fille.
Ce survol forcément bref des connaissances actuelles établit, au-delà de tout doute possible, l’existence de différences très nombreuses entre mâles et femelles, mais aussi entre hommes et femmes, tant au niveau structurel que fonctionnel. Une anecdote en consolidera peut-être l’idée : un livre présent sur mon bureau et publié sous la direction de Lee Ellis (déjà largement dépassé d’ailleurs puisqu’il date de 2008) fait ainsi l’inventaire de toutes les différences sexuelles alors connues. D’un imposant format dictionnaire, l’ouvrage comporte 972 pages
Ce mélange entre les gènes et l’environnement est au cœur du fonctionnement même de toute biologie. Réduire la nature à l’action des gènes et des hormones est très insuffisant, comme le montre par exemple l’épigénétique : discipline récente qui a mis au jour les mécanismes par lesquels l’environnement parvient à agir sur l’expression génétique. Inversement, l’apprentissage ne peut jamais être parfaitement délivré d’une composante génétique – ce que l’on évoque moins souvent. Une étude islandaise très ambitieuse l’a toutefois illustré (avec de surprenants résultats), en profitant des registres médicaux complets tenus depuis une quarantaine d’années en Islande et comprenant le génotypage (c’est-à-dire l’analyse détaillée du patrimoine génétique) d’un très grand nombre d’individus35. La question posée était la suivante : la partie non transmise du génotype d’un parent influence-t-elle l’enfant ? Chaque parent ne transmettant que la moitié de son génotype à sa descendance au cours de la fécondation, il faudrait alors imaginer une transmission d’une autre nature et nécessairement liée à l’environnement. Celle de l’embryon d’abord (on comprend là fort bien comment la partie non transmise des gènes de la mère peut l’influencer, car elle contrôle malgré tout, au même titre que la partie transmise, le milieu utérin, les échanges sanguins et quantité d’autres facteurs agissant sur l’embryon), mais aussi de l’enfant né, par le biais du comportement de ses parents (contrôlé dans une certaine mesure par la partie non transmise de leur génotype). Or, on trouve bel et bien une influence, certes faible et indirecte mais existante, de ces gènes non transmis sur une grande quantité de critères, allant du niveau maximal d’éducation atteint à l’âge auquel les mères conçoivent leur premier enfant, en passant par l’indice de masse corporelle, le taux de cholestérol dans le sang, le niveau de glycémie à jeun, et même le nombre de cigarettes fumées par jour ! Les chercheurs ont baptisé ce phénomène la genetic nurture : l’acquis lié à la génétique. Encore une fois, les effets sont bien sûr limités, mais néanmoins existants, et c’est ce qui compte : cela montre que des gènes sont capables d’influencer, via l’éducation et les interactions sociales, le phénotype et les comportements acquis d’un individu, même quand ils ne sont pas présents dans son génotype ! Personnellement, je trouve cette étude absolument fascinante car elle illustre le ridicule de toute tentative d’opposer nature et culture. Les deux s’entremêlent de façon inextricable.
Si on castre un rat mâle adulte, il cesse tout comportement sexuel. Il ne s’intéresse plus aux femelles, ne les monte plus, ne vient plus les renifler. Mais si on lui administre de la testostérone après castration, le comportement se rétablit ; le voilà reniflant et montant comme avant. De cela on peut aisément déduire que la testostérone produite par les gonades du rat mâle (ses testicules) active le comportement sexuel, à la manière d’un interrupteur capable de s’arrêter et de reprendre à volonté36. L’effet des hormones sexuelles est ici transitoire et réversible : on parle d’effet « activateur », capable d’activer et de désactiver un comportement en fonction de la présence ou de l’absence des hormones considérées.
Pour être tout à fait précis, il faudrait toutefois nuancer cette dernière affirmation. En effet, même administré à très forte dose à un mâle, l’œstradiol (hormone femelle) ne permet d’obtenir qu’un comportement sexuel mâle. Et oui car l’œstradiol est une molécule trop grosse pour passer dans le cerveau.
La testostérone passe et est transformé en œstradiol par une enzyme : aromatase.
L'œstradiol va masculiniser et dé-féminiser le cerveau par effet d'activation et désactivation de gènes. Méthylation.
Le diamant mandarin est un petit oiseau chanteur, passereau au joli plumage principalement dans les tons gris, dont le dimorphisme sexuel est important. Le mâle arbore ainsi deux belles joues rouges et une poitrine élégamment zébrée de blanc et de noir – des traits tout à fait distinctifs, complètement absents chez la femelle. C’est pourquoi la surprise fut grande lorsque, dans les animaleries de l’université Rockefeller à New York au détour de l’an 2000, et plus précisément dans le laboratoire de Fernando Nottebohm (celui-là même qui produisait des canaris femelles gonflées à la testostérone), apparut un individu pourvu d’une seule joue rouge, la droite, et dont la poitrine n’était zébrée que d’un seul côté – toujours le droit. Cet oiseau avait donc un plumage typiquement mâle du côté droit et un plumage femelle du côté gauche, selon une délimitation parfaitement rectiligne. La nouvelle fit grand bruit et, au terme de nombreuses péripéties, un ancien étudiant de Nottebohm, Arthur Arnold (devenu entre-temps professeur à l’UCLA), parvint à mettre la main sur ce fascinant spécimen dont il étudia le comportement durant deux ans – au grand dam de Nottebohm. Il n’était pas au bout de ses surprises : celui-ci pondait des œufs, il était donc femelle… mais il chantait ! Il était donc mâle (rappelez-vous, les diamants mandarins femelles ne chantent jamais, même quand on leur injecte de la testostérone). C’est ce qui lui valut ce nom très poétique de gynandromorphe, dans lequel on reconnaît à la fois « gyn- » issu du mot grec pour « femme » (qui a donné « gynécée », « gynécologue » et « misogyne ») et « andro », du grec « homme » (à qui l’on doit « andropause » et « androgène »). Un animal à la fois mâle et femelle, non à la manière androgyne d’un mélange harmonieux des deux sexes, mais sous une forme rigoureusement séparée, gauche-droite, comme coupé en deux. On comprend dès lors pourquoi les deux anciens collègues se sont écharpés lorsqu’il s’est agi de savoir qui aurait le privilège de l’étudier !
La tentation était grande d’aller plus loin dans l’étude de ces effets purement génétiques nouvellement découverts. Seulement, notre héroïque passereau était à présent mort pour la science. Impossible d’en tirer davantage. Frustré, Arnold décida alors de prendre un virage dans sa carrière, à cinquante ans passés, pour se consacrer aux origines génétiques de la différenciation sexuelle. Il lui fallait pour cela recréer un modèle expérimental sur celui du gynandromorphe, ce qui impliquait des modifications génétiques. Ceci n’était alors possible que chez la souris, animal qu’il connaissait mal. Il se lia donc à deux chercheurs londoniens, dont Robin Lovell-Badge, qui avaient déjà identifié une souche de souris porteuses d’une intéressante mutation du gène SRY (comme évoqué plus haut, il s’agit du gène qui code le TDF responsable de la transformation d’une ébauche de gonade « neutre » en testicule). Chez les individus atteints de cette mutation, des « mâles » XY développaient des ovaires. Inspirés par ce nouveau caprice de la nature, Robin Lovell-Badge et son collègue Paul Burgoyne étaient alors parvenus, par manipulation génétique cette fois (car la nature ne peut pas tout), à greffer ce fameux gène SRY sur un autre chromosome, non sexuel celui-ci, ce qui fit naître des individus XX capables, à l’inverse, de développer des testicules. Voilà comment ils se trouvèrent en possession d’une espèce de souris à quatre génotypes sexuels, plutôt que les deux habituels : XY avec testicules, XY sans testicule, XX sans testicule et XX avec testicules (sans Y). Dans la littérature scientifique, on note XX le génotype femelle classique pourvu d’ovaires ; XYSRY+, le génotype mâle classique pourvu de testicules ; XYSRY–, le génotype XY avec SRY muté et donc pourvu d’ovaires et non de testicules ; XXSRY+, le génotype XX avec SRY ajouté et donc pourvu de testicules et non d’ovaires.
Plus globalement, pour les femmes les taux d’œstradiol (hormone sexuel féminine) individuels sont corrélés positivement aux tests verbaux, et négativement aux tests spatiaux. C'est a dire que les fonctions intellectuelles des femmes varie en fonction de leur cycle. Au cours de leur cycle, certaines capacités vont être privilégié. Le langage en période de fertilité histoire de mieux séduire un partenaire ? La reconnaissance spatiale hors période fertile pour optimiser sa recherche de nourriture ?
Le pourcentage d'homosexuels est le même dans tous les pays. Ce caractère a été conservé car il aurait une utilité dans la tribu car contrairement au mâle alpha qui coure la gueuse à tout va, l'homo lui resterait dans son groupe en le protégeant toute sa vie.